« Ce n'est pas dans ta tête! »
On associe souvent la périménopause aux bouffées de chaleur et à la cinquantaine. Pourtant, pour beaucoup de femmes, les premiers signes arrivent bien plus tôt, et ils ne sont pas toujours physiques.
Dans cette série, des femmes de 35 à 65 ans répondent à mes questions sur leur passage du « midlife », dans leurs propres mots. Aujourd'hui, Sonya*, dans la trentaine avancée, nous parle d'anxiété, de brouillard mental et de ce moment où l'on sent profondément que quelque chose a changé.
Si tu te reconnais dans ses mots, sache une chose : tu n'es pas seule, et ce n'est pas dans ta tête.
Quand as-tu commencé à remarquer des changements? Qu'est-ce qui t'a le plus marquée?
J'ai commencé à remarquer certains changements vers la fin de la trentaine, mais honnêtement, tout a vraiment basculé lorsque j'ai fait retirer mon stérilet hormonal. Après ça, j'ai vécu beaucoup plus d'anxiété, de brouillard mental, de fatigue et une impression de ne plus fonctionner comme avant.
J'ai commencé à faire beaucoup de recherches parce que je sentais profondément que quelque chose avait changé, et tout semblait pointer vers les hormones. Ce qui m'a le plus marquée, c'est à quel point les hormones peuvent influencer la santé mentale, la concentration, les émotions et le bien-être général.
Quels ont été tes plus grands défis?
L'anxiété et le brouillard mental. J'avais parfois l'impression de ne plus être complètement moi-même, de ne plus avoir accès à la même clarté mentale qu'avant.
C'était très difficile de continuer à gérer le travail, la famille et le quotidien en ayant l'impression de fonctionner au ralenti. Émotionnellement, ça amenait beaucoup de frustration, d'inquiétude et parfois même un sentiment d'isolement, surtout parce que je ne comprenais pas tout de suite ce qui se passait.
Qu'est-ce qui t'a surprise, ou pour quoi tu ne te sentais pas préparée?
L'impact sur la santé mentale et les fonctions cognitives. Je ne m'attendais pas à vivre autant d'anxiété, de brouillard mental et de difficulté de concentration à mon âge!
Je pensais surtout aux symptômes physiques. Je ne réalisais pas à quel point les hormones pouvaient affecter l'humeur, la mémoire, la clarté mentale et même le sentiment d'identité. Je ne me sentais pas préparée du tout, et j'ai trouvé qu'il y avait encore très peu d'information claire, accessible et nuancée sur le sujet.
Comment cette transition a-t-elle changé ta façon de te voir, ta santé, tes relations ou tes priorités?
Elle m'a fait réaliser à quel point la santé hormonale influence tous les aspects de la vie. J'ai appris à être davantage à l'écoute de mon corps et à ralentir plus souvent.
Ça a aussi changé ma façon de me percevoir : je suis devenue plus consciente de mes limites et j'essaie d'être plus douce et empathique envers moi-même. Mes priorités ont évolué vers plus d'équilibre, moins de performance constante et davantage de bien-être. Même si, honnêtement, ça reste un « work in progress ».
Qu'est-ce qui t'a le plus aidée?
Faire mes propres recherches et comprendre que je n'étais pas seule à vivre ça. Voir que d'autres femmes partageaient des expériences semblables m'a rassurée.
Le repos et une meilleure compréhension du lien entre les hormones et la santé mentale m'ont aussi beaucoup aidée, tout comme un suivi régulier en acupuncture, qui me permet de mieux gérer les symptômes au fur et à mesure qu'ils apparaissent et évoluent. J'ai également commencé à porter plus attention à mon alimentation et à mes suppléments naturels.
Quel message aimerais-tu transmettre aux femmes qui entrent dans cette étape?
Je ne prétends pas avoir toute la sagesse nécessaire, mais je dirais aux femmes de ne pas ignorer ce qu'elles ressentent et de se faire confiance. Si quelque chose semble différent dans votre corps ou votre esprit, ce n'est pas « dans votre tête ». Les hormones peuvent avoir un impact énorme, même plus jeune qu'on le pense.
Je crois aussi qu'il est important d'en parler davantage, sans honte ni tabou, et de prendre sa santé en main avec bienveillance et curiosité plutôt qu'avec culpabilité.
Est-ce qu’il y autre chose que tu aimerais partager?
Cette expérience m'a parfois fait sentir isolée et incomprise, parce que plusieurs symptômes sont invisibles. Mais avec le temps, elle m'a aussi permis de mieux me connaître et de réaliser l'importance de prendre soin de soi autant mentalement que physiquement.
Ça m'a appris que ralentir n'est pas nécessairement une faiblesse. C'est parfois une nécessité.
Un livre qui t'a marquée dernièrement?
The Anxious Generation, de Jonathan Haidt. Il aborde l'impact de la technologie, des réseaux sociaux, du stress constant et de notre mode de vie moderne sur la santé mentale. Ça m'a fait réfléchir à l'importance de ralentir, de me reconnecter à moi-même et de protéger mon bien-être mental dans un monde où tout va très vite.
Où aimerais-tu partir pour ton prochain voyage?
Quelque part de calme et d'apaisant, de reculé, près de l'eau. Loin du bruit et du rythme du quotidien, pour vraiment décrocher, ralentir, regarder mon fils jouer dehors et grandir, et simplement profiter des petits moments qui passent parfois trop vite.
Un immense merci à Sonya d'avoir accepté de partager son histoire avec autant de transparence et de sagesse. Son témoignage nous rappelle à quel point la périménopause peut être déstabilisante et peut se caractériser par des changements cognitifs et au niveau de la santé mentale, plutôt que les symptômes plus souvent associés à la ménopause comme les bouffées de chaleurs.
Envie de savoir comment je peux te soutenir à travers la périménopause et les transitions du midlife, hormonales ou non? Réserve un appel découverte ou visite mon site web pour en savoir plus.
*Nom fictif