Des SPM de plus en plus intenses. Un deuil. Un adolescent qui traverse une période difficile.
Dans cette série, des femmes de 35 à 65 ans racontent, dans leurs propres mots, leur traversée des changements hormonaux. Pour Sarah, la périménopause est arrivée au même moment que plusieurs grands bouleversements de vie. Et c'est justement ce contexte qui l'a amenée à faire un choix qu'elle ne regrette pas : mettre son bien-être au centre de son horaire, plutôt que de tenter de le caser dans les trous.
Quand as-tu commencé à remarquer des changements? Qu'est-ce qui t'a le plus marquée?
À la mi-trentaine, j'ai remarqué que mes cycles étaient ponctués de SPM plus importants. À chaque SPM, j'avais l'impression que j'allais finir en burn-out. Je ne me comprenais plus, j'étais triste et en colère. Ces symptômes ont augmenté avec l'âge et étaient plus forts en période de stress.
Puis deux choses sont arrivées presque en même temps : le décès de ma mère et l'adolescence difficile de mon aîné. J'ai été confrontée à changer beaucoup de choses dans ma vie. En parallèle, mes règles sont devenues plus ou moins régulières, ce qui a marqué une nouvelle étape dans ma préménopause.
Quels ont été tes plus grands défis?
C'est une période où j'ai compris que je devais prendre soin de moi et mettre certaines limites, parce que je faisais beaucoup de choses pour les autres.
Physiquement, le sport est devenu un élément essentiel à intégrer à ma routine. Au début, j'avais beaucoup de mal, j'étais très fatiguée. Deux ans plus tard, je fais du yoga ou du pilates cinq à six fois par semaine. Ça m'a pris beaucoup de temps à prioriser le sport dans mon horaire, mais c'est fondamental à mon bien-être.
J'ai aussi commencé, peu à peu, à prendre du temps pour moi et à m'offrir des cadeaux bien-être, notamment l'acupuncture. Aujourd'hui, tout ça fait partie de mon horaire. C'est la base sur laquelle je construis le reste, au lieu de l'inverse.
Y a-t-il des aspects de la périménopause qui t'ont surprise ou pour lesquels tu ne te sentais pas préparée ?
Les effets sur l'humeur m'ont assez surprise : le stress, la tristesse. Mes symptômes liés au TDA ont aussi augmenté, et les troubles du sommeil m'ont surprise également. Rien de tout ça n'était complètement nouveau, mais tout est devenu plus fréquent et plus prononcé.
Comment cette transition a-t-elle changé ta façon de te voir, ta santé, tes relations ou tes priorités?
Ça m'a amenée à revoir mes priorités. Plus j'en faisais du côté professionnel et familial, plus mes symptômes s'intensifiaient. J'ai été forcée de prendre du recul pour voir ce que je pouvais faire pour prendre soin de moi. Il faut un meilleur équilibre : apprendre à dire non, ou à faire les choses à un rythme moins rapide.
Qu'est-ce qui t'a le plus aidée?
Le yoga et l'acupuncture, définitivement.
Quel message aimerais-tu transmettre aux femmes qui entrent dans cette étape?
Dans la mesure du possible, commencez à prendre soin de vous le plus tôt possible. Libérez-vous de la performance, au travail comme en famille.
Un livre qui t'a marquée dernièrement?
Deux lectures m'ont aidée à prendre du recul par rapport à mon milieu professionnel et au sentiment de culpabilité : The Let Them Theory de Mel Robbins et Les manipulateurs sont parmi nous d'Isabelle Nazare-Aga.
Le mot d’Anika
Ce que Sarah décrit, je l'entends souvent en clinique : des SPM qui s'intensifient, une humeur plus fragile, un sommeil moins fiable, une attention qui s'éparpille, et tout ça qui s'amplifie dès que le stress monte. Pendant la périménopause, les hormones fluctuent davantage, et notre système nerveux a moins de marge pour absorber la surcharge.
Ce qui me touche dans son parcours, c'est le renversement qu'elle a opéré. Elle n'a pas ajouté le yoga et l'acupuncture à une liste déjà trop longue : elle en a fait la fondation, et elle a construit le reste autour. C'est exactement ça, à mes yeux, le midlife comme transformation : pas une fin, mais une invitation à se remettre au centre.
Tu te reconnais dans son histoire ? Tu n'as pas à traverser cette étape seule. Écris-moi, ou viens nous rejoindre lors d'une de nos prochaines rencontres entre femmes.
Merci à Sarah d'avoir partagé son parcours avec autant de générosité.
*Nom fictif