« Que se passe-t-il dans mon cerveau ? » Comprendre les changements cognitifs pendant la périménopause
Ces derniers temps, je repensais à une patiente que je suivais en clinique pour des raisons sans rapport avec la ménopause. Lors de notre première consultation, elle m'a confié qu'elle avait pris une retraite anticipée, car ses symptômes ménopausiques étaient devenus insupportables. Fonctionnaire de carrière, elle occupait un poste à responsabilités et s'épanouissait dans son travail. Sauf qu’elle souffrait d'insomnies, de bouffées de chaleur et, surtout, de ce qu'elle considérait comme le symptôme le plus gênant : des troubles cognitifs qui lui avaient fait perdre confiance en ses capacités professionnelles. Pourtant, cette patiente n'était pas au début de la démence lorsqu'elle a commencé à rencontrer ces difficultés, ni lors de notre première consultation.
Son témoignage m'a beaucoup attristée, car je vois tellement de femmes comme elle qui présentent des troubles cognitifs liés aux changements hormonaux, comme des difficultés de concentration et des problèmes de mémoire, mais qui retrouvent la forme grâce à l'acupuncture et à des conseils sur leur hygiène de vie. Cette femme ignorait tout simplement qu'une aide était disponible au moment où elle en avait le plus besoin.
Troubles cognitives pendant la périmenopause et post-ménopause
En effet, l’une des questions que j'entends le plus souvent de la part des femmes de 40 et 50 ans est sans aucun doute celle-ci :
« Que se passe-t-il avec mon cerveau ?»
Des femmes qui ont toujours été organisées, vives d'esprit et sûres d'elles commencent soudainement à remarquer des changements subtils mais inquiétants. Elles cherchent leurs mots au milieu d'une phrase, oublient des réunions auxquelles elles ne manquaient jamais auparavant, ou se retrouvent à relire le même paragraphe plusieurs fois avant de le comprendre. Au travail, nombreuses sont celles qui commencent à s'inquiéter : et si je fais une erreur ? Et si je ne suis plus aussi performante qu'avant ?
Si cela vous parle, vous êtes loin d'être seule. J'entends cela plusieurs fois par semaine de la part de mes patientes, et il m'arrive moi-même d'en faire l'expérience !
En effet, des études suggèrent que jusqu'à 60 à 70 % des femmes présentent des symptômes cognitifs pendant la périménopause, notamment des troubles de la concentration, des pertes de mémoire et des difficultés de concentration. Malgré la fréquence de ces expériences, on commence à peine à en parler ouvertement, ce qui peut les rendre particulièrement pénibles. Heureusement, dans mon entourage, le « brouillard cérébral » n'est plus tabou : c'est devenu un sujet de conversation courant entre amies ! Médicalement parlant, on en parle davantage et on le reconnaît enfin comme un symptôme fréquent de la périménopause. Malheureusement, beaucoup de femmes n'ont pas accès à l'information ni aux soins appropriés et craignent encore d'être malades, allant jusqu'à s'inquiéter d'une démence précoce, alors qu'il s'agit souvent simplement d'une transition neuro-hormonale normale.
Cela dit, il ne faut surtout pas ignorer des changements cognitifs importants. Tout symptôme inquiétant doit faire l'objet d'une évaluation médicale.
Le cerveau à la ménopause : une période de réorganisation neurologique
L'un de mes livres préférés sur la transition à la ménopause est écrit par la neuroscientifique Lisa Mosconi, La ménopause commence dans le cerveau. Elle y décrit la périménopause et la ménopause comme l'une des trois transitions neurologiques majeures de la vie d'une femme, avec la puberté et le post-partum. Durant chacune de ces étapes, les fluctuations hormonales entraînent un remodelage cérébral important.
À la quarantaine, le cerveau subit un processus de réajustement, parfois décrit comme une mise à niveau. Une autre auteure que j'apprécie particulièrement, Louann Brizendine, appelle ce processus un “upgrade”. Cette réorganisation temporaire peut affecter la mémoire, la concentration et la vitesse de traitement de l'information. Bien que cette phase puisse être très déstabilisante, elle est de plus en plus perçue non comme un déclin, mais comme une adaptation, préparant le cerveau aux exigences cognitives et émotionnelles de la prochaine étape de la vie.
De nombreuses femmes constatent qu'une fois la transition stabilisée, elles retrouvent une plus grande clarté d'esprit, souvent accompagnée d'une vision d'ensemble plus claire, d'une meilleure régulation émotionnelle et d'une capacité de prise de décision accrue. Lorsqu'elles modifient leur mode de vie et/ou reçoivent des séances d'acupuncture pendant la périménopause, les femmes que je reçois régulièrement en consultation me disent qu'elles passent d'une sensation de « brouillard cérébral post-partum » à une sensation de clarté et de vivacité retrouvées. Soutenir le cerveau pendant la transition
Durant cette période, les habitudes de vie deviennent particulièrement importantes, bien plus qu'elles ne l'étaient à 20 ou 30 ans.
Quelques recommendations fondamentales
Voici quelques étapes fondamentales que je recommande dans ma clinique :
1. Stabiliser la gylcémie dès le matin
Un petit-déjeuner riche en protéines, pris dans l'heure qui suit le réveil, aide à réguler les niveaux de cortisol et de glucose, deux substances qui influencent fortement la concentration et la mémoire. Les œufs, le yogurt, le fromage cottages, les légumineuses ou autres sources de protéines sont bien plus bénéfiques que les petits-déjeuners riches en sucre ou en glucides raffinés. Certaines femmes se sentent particulièrement alertes lorsqu'elles jeûnent et ne prennent leur premier repas que plusieurs heures après leur réveil. Cependant, je ne recommande pas cette pratique, compte tenu de la physiologie féminine et de l'énergie que nous dépensons chaque jour.
2. Consommer des protéines régulièrement tout au long de la journée
Des repas équilibrés, riches en protéines et en bons gras, favorisent la production de neurotransmetteurs et l'énergie cognitive.
3. L'hydratation est plus importante qu'on ne le pense.
Même une légère déshydratation peut affecter l'attention, la mémoire à court terme et la vitesse de traitement de l'information. De nombreuses femmes constatent qu'une meilleure hydratation améliore sensiblement leur clarté mentale. J'ai eu une patiente qui ne consommait que de la caféine toute la journée. Dès qu'elle l'a remplacée par de l'eau, elle a constaté une nette amélioration de sa concentration et de ses performances.
4. Le sommeil est essentiel
Le sommeil est la période pendant laquelle le cerveau effectue ses fonctions de « nettoyage » indispensables, essentielles à sa santé. Il est vital pour la consolidation de la mémoire et l'élimination des toxines. Adopter une routine de sommeil régulière, même avant d'avoir un sommeil parfait, améliore considérablement la résilience cognitive. N'oubliez pas que l'alcool perturbe énormément le sommeil.
5. Gérer le stress de manière intentionnelle
Le stress chronique affecte directement l'hippocampe, une structure cérébrale impliquée dans la mémoire. Des pratiques quotidiennes de régulation du stress, comme la respiration, l'acupuncture, la méditation ou des mouvements doux, contribuent à rétablir la stabilité cognitive et la mémoire.
6. Maintenez une vie sociale et intellectuelle active.
Les conversations, l'apprentissage et les échanges stimulent les voies neuronales impliquées dans la mémoire et le langage, renforçant ainsi les fonctions cognitives au fil du temps.
7. Essayer l’acupuncture
De plus en plus d'études démontrent que l'acupuncture peut également jouer un rôle important en soutenant la mémoire, les fonctions cognitives, en améliorant la qualité du sommeil et en aidant à réguler le système nerveux pendant cette transition.
Une transition, pas un déclin
Les changements cognitifs survenant entre 40 et 50 ans peuvent être déstabilisants, surtout pour les femmes qui ont bâti leur identité sur la compétence et la vivacité d'esprit. Rassurez-vous, pour la plupart des femmes, ces changements représentent une période temporaire de réorganisation neurologique, et non le début d'un déclin cognitif.
Avec le soutien adéquat, le cerveau retrouve sa stabilité et aborde la prochaine étape de la vie avec une efficacité, une clarté et une résilience renouvelées.
Dans un prochain article, j'explorerai comment cette transition prépare les femmes à ce que j'appelle souvent le troisième chapitre de la force cognitive : une phase différente des décennies précédentes, mais tout aussi enrichissante.
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