Les hormones ne sont pas le seul enjeu pendant la périménopause et la ménopause

Ces jours-ci, on n'a plus besoin d'aller bien loin pour entendre parler des hormones des femmes.

Dans tous les médias, on trouve soudainement une quantité impressionnante d'information sur la périménopause, la ménopause, l'hormonothérapie, et les nombreuses façons de gérer ses symptômes.

Après des décennies où la ménopause a été minimisée, mal comprise ou tout simplement ignorée, je pense qu'on peut s'entendre là-dessus : c'est une excellente nouvelle. Les femmes commencent à se sentir plus outillées, plus confiantes en consultant leurs professionnels de la santé, parce que ce sujet a enfin gagné en légitimité et en urgence.

Oui, on a BESOIN de parler de la santé des femmes à la quarantaine. Et oui, on devrait en parler encore plus fort!

On a aussi besoin d'un meilleur accès à une hormonothérapie adaptée. On a besoin de soins médicaux mieux informés. On a besoin d'encore plus de conversations: sur le sommeil, les bouffées de chaleur, les symptômes vaginaux, les changements d'humeur, le brouillard cérébral, la sexualité et tout ce qui peut rendre cette transition difficile, avec des professionnels qui utilisent des approches fondées sur les données probantes, dont l'acupuncture, pour aider à réduire ces symptômes.

Mais il y a quelque chose qui me paraît absent, quand on se concentre uniquement sur le soulagement des symptômes. Les fluctuations hormonales ne sont pas la seule chose qui se passe dans nos vies pendant cette transition.

La transition hormonale ne se vit pas en vase clos

La périménopause et la ménopause ne nous arrivent pas isolément. Elles arrivent pendant qu'on travaille, qu'on élève des enfants, qu'on prend soin de parents vieillissants, qu'on navigue des relations, qu'on s'inquiète pour l'argent, qu'on change de carrière, qu'on traverse une maladie, qu'on vit un deuil, ou qu'on se questionne sur à quoi on veut que ressemble le prochain chapitre de notre vie. Parfois, plusieurs de ces choses arrivent en même temps.

En juin dernier, mon père est décédé.

Il n'avait pas été malade très longtemps et, heureusement, il avait eu une vie longue et très bien remplie. Il a très peu souffert et son départ a été paisible. Mais il est quand même arrivé trop tôt, et il a quand même été un choc. Je n'étais vraiment pas préparée à ce qui allait se passer dans les mois avant sa mort, ni à ce qui allait suivre après.

Il y a eu les allers-retours quotidiens à travers la ville pour les visites à l'hôpital, les nuits passées à l'urgence. Il a fallu trouver des soins à domicile. Des conversations difficiles avec les médecins. Supporter ma mère. Essayer de rester présente pour ma propre famille. Continuer à travailler pendant que mon père était malade. Prendre des décisions impossibles (est-ce que j'arrête de travailler?). Garder le quotidien en mouvement, tant bien que mal.

Et puis, il y a eu la mort. Et le deuil lui-même.

Perdre un parent change quelque chose de fondamental. Ça change ton cerveau. Ça peut changer ton sens de qui tu es, où tu appartiens, comment tu vois ta propre vie. Et ça te coupe, au moins pour un temps, de plusieurs des relations et des activités qui rendent normalement la vie plus légère.

Avec un peu de recul maintenant, et à cause de mon âge et de ma fascination continue (obsession?) pour les hormones, je suis devenue beaucoup plus consciente de la façon dont les changements hormonaux et les grands événements de vie s'entrecroisent et à quel point on en parle rarement.

Une fleure blanche qui symbolise que le deuil fait parti de la transition vers la ménopause

Que se passe-t-il quand le corps navigue déjà un changement?

La transition ménopausique est une transition physiologique. Les fluctuations hormonales peuvent influencer le sommeil, la régulation de la température, l'humeur, l'énergie, la cognition, et tellement d'autres aspects de notre quotidien.

Pour certaines femmes, les symptômes sont relativement légers. Pour d'autres, ils sont profondément perturbateurs.

Maintenant, ajoute un facteur de stress majeur par-dessus tout ça. Soudainement, la question n'est plus seulement « qu'est-ce que mes hormones font? ». C'est aussi : qu'est-ce que mon corps, et mon système nerveux, sont en train de devoir porter en plus, en ce moment?

Le deuil affecte-t-il les symptômes de la ménopause? Ce que dit la recherche sur le deuil, le stress et le sommeil

Une des choses que j'ai remarquées le plus clairement après la maladie et le décès de mon père, c'est à quel point le stress a affecté mon sommeil, et ma capacité à récupérer de quoi que ce soit. Ce n'est pas surprenant, et ce n'est pas juste anecdotique.

Une revue systématique portant sur 85 études et plus de 12 000 personnes endeuillées a trouvé une forte prévalence de troubles du sommeil suite à un deuil. Plus l'intensité du deuil est grande, plus les difficultés de sommeil ont tendance à l'être aussi.

Et le sommeil n'est jamais un enjeu mineur. Quand on ne dort pas bien, tout devient plus difficile : réguler ses émotions, se concentrer, prendre des décisions, bouger, bien manger, se connecter avec les gens autour de soi, tout simplement traverser la journée.

Fait intéressant, la recherche pointe aussi vers un lien entre le soutien social et la qualité du sommeil. Une méta-analyse de 61 études portant sur plus de 105 000 personnes a trouvé qu'un plus grand soutien social était associé de façon significative à un meilleur sommeil.

Ça ne veut pas dire qu'avoir des ami(e)s va magiquement régler ton sommeil. Mais ça veut dire que notre environnement social compte, bien plus qu'on lui en donne le crédit habituellement.

Et c'est ici que j'ai commencé à voir cette transition différemment.

Des femmes qui se soutiennent, pour faciliter la transition à la ménopause.

La ressource la plus sous-estimée en ménopause n'est peut-être pas médicale du tout

C'est la communauté. Je suis de plus en plus convaincue que la communauté mérite une bien plus grande place dans la conversation sur la santé des femmes pendant cette période de la vie.

Quand on traverse quelque chose de difficile, être entourée ne fait pas disparaître la difficulté. Mais ça peut changer la façon dont on la vit.

Quelqu'un peut écouter. Quelqu'un d’autre peut dire « moi aussi ». Quelqu'un peut nous faire rire alors qu'on n'avait pas ri depuis des jours. On peut nous offrir une perspective à laquelle on n'avait pas pensé; qu'il ou elle nous voit, même les jours où on est plus silencieuse que d'habitude. Que ce qu'on vit n'a rien d'étrange, qu'on n'échoue pas, et qu'on n'est pas seule à traverser ça.

Parfois, être simplement dans une pièce avec d'autres femmes qui comprennent peut rendre les choses un peu plus légères.

Le soutien social a été étudié comme un rempart contre les effets du stress, et les chercheurs ont identifié plusieurs mécanismes par lesquels nos relations influencent notre santé: le sentiment d'appartenance, la compagnie, le soutien perçu, l'estime de soi, le sens, et un plus grand sentiment de contrôle. Des recherches plus récentes, spécifiquement sur le deuil, vont dans la même direction : un soutien social perçu de façon constante est associé à de meilleurs résultats après une perte.

Ça ne veut pas dire qu'on arrête de parler d'hormones

Bien au contraire! Je suis ravie qu'on parle enfin de ménopause à voix haute. Les femmes méritent un accès à des traitements fondés sur les données probantes. Elles méritent des professionnels de la santé formés qui comprennent cette transition. Elles méritent de pouvoir parler d'hormonothérapie et d'autres approches sans peur, sans honte et sans désinformation qui vient brouiller les cartes.

Mais les hormones ne sont qu'une pièce du casse-tête de la transition vers la ménopause.

Parce que parfois, la femme devant nous ne vit pas juste une ménopause difficile. Elle vit une ménopause tout en prenant soin d'un parent atteint de cancer. Ou une ménopause en plein divorce. Ou une ménopause en élevant des adolescents tout en menant une carrière exigeante. Ou une ménopause en faisant le deuil de quelqu'un qu'elle aime.

Ces circonstances comptent. Toutes.

Offrir

Un nouveau chapitre pour ma communauté de femmes

Cette prise de conscience a changé la façon dont je veux travailler avec les femmes. Au cours des prochains mois, je vais partager une série d'histoires de femmes que j'ai eu le privilège de rencontrer à travers mon travail. Leurs symptômes seront différents, tout comme leurs familles, leurs relations, leurs carrières, leurs défis et leurs espoirs. Mais je pense qu'on va se reconnaître un peu dans ces histoires.

Je veux aussi créer plus d'occasions pour les femmes de se rassembler, en ligne et en personne, pour parler des multiples facettes de la périménopause, de la ménopause et de la quarantaine. Pas juste pour apprendre, mais pour se connecter, partager, poser des questions, rire, se sentir comprises. Pour découvrir que quelqu'un d'autre traverse quelque chose de remarquablement semblable.Et pour se rappeler que même quand certains chapitres de la vie se sentent incroyablement solitaires, on n'a pas à les traverser seules.

J'espère que tu vas me suivre alors que ces histoires se déploient ici dans mon blog, et que tu vas te joindre à moi dans cet espace communautaire que je bâtis cet automne!

Parce que la quarantaine, ce n'est pas juste une question de gérer ses hormones. C'est aussi une question de créer une vie, et une communauté, qui peut nous porter pendant qu'on se transforme. 

Envie de savoir comment je peux te soutenir à travers la périménopause et les transitions du midlife, hormonales ou non? Réserve un appel découverte ou visite mon site web pour en savoir plus.

FAQ : ménopause, deuil et stress à la quarantaine

Est-ce que le deuil affecte les symptômes de la ménopause et de la périménopause? Le deuil et le stress important ne causent pas la périménopause, mais ils peuvent intensifier la façon dont des symptômes comme le mauvais sommeil, le brouillard cérébral et les changements d'humeur sont vécus. La recherche sur le deuil montre un lien fort entre l'intensité du deuil et les troubles du sommeil et un sommeil perturbé a tendance à aggraver tous les autres symptômes de la ménopause.

Est-ce que le stress peut aggraver les symptômes de la périménopause? Oui. Le stress chronique affecte le système nerveux d'une façon qui chevauche directement les symptômes hormonaux : sommeil perturbé, sautes d'humeur, fatigue et difficulté à se concentrer peuvent tous être amplifiés quand le corps gère à la fois le stress et le changement hormonal.

Pourquoi la communauté compte-t-elle autant pendant la ménopause? Le soutien social a démontré son rôle de rempart contre les effets du stress, et il est lié à un meilleur sommeil et de meilleurs résultats après une perte. Pour les femmes à la quarantaine, avoir des gens qui comprennent ce qu'elles vivent — hormonalement et autrement — peut être aussi protecteur que n'importe quel traitement.


Références

O'Connor MF, Seeley SH. Grieving as a form of learning: Insights from neuroscience applied to grief and loss. Curr Opin Psychol. 2022

Lancel M, Stroebe M, Eisma MC. Sleep disturbances in bereavement: A systematic review. Sleep Medicine Reviews, 2020.

Cohen S, Wills TA. Stress, social support, and the buffering hypothesis. Psychological Bulletin, 1985.

Kent de Grey, R. G., Uchino, B. N., Trettevik, R., Cronan, S., & Hogan, J. N.  Social Support and Sleep: A Meta-Analysis. Health Psychology, 2018.

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La question qui tue : suis-je en périménopause ?